Bonamoussadi
Douala
Elig-mfomo, Mar 16 Mar 2010 - 12:25
Les familles se nourrissent de la pêche du sable
Aristide Ekambi / 28 juin 2009
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C’est dans la joie et la gaieté que ces jeunes hommes en majorité des camerounais, mais aussi des nigérians se donnent rendez-vous tous les matins à la carrière de sable d’Akwa nord à Douala, non loin des berges du fleuve Wouri. «Pour eux, creuser le sable est devenu un art, une passion, au point où ils mènent cette activité de jour comme de nuit, et parfois jusqu’à deux heures du matin» soutient Clovis un riverain dont le domicile a une vue sur la mer.

Le sable qu’ils creusent est embarqué dans leurs pirogues, est déchargé à leur arrivée, puis vendu par la suite à des tiers. La recherche du pain quotidien a fait de ces hommes des génies du sable et de la mer qu’ils côtoient tous les jours. Ils ne reculent plus devant aucun obstacle, maîtrisant parfaitement les comportements de la mer et les perturbations de climats. Dès l’âge de dix huit ans, certains sont déjà des initiés. Aux premières heures de la matinée, vers 6 heures environ ils commencent à partir en mer. Organisée telle une armée dans laquelle chaque maillon a son importance et un rôle bien défini, les plongeurs s’en vont en mer.

En période de marée basse, tout est plus facile. «J’ai des pirogues aujourd’hui, mais je sais de quoi je parle. Car, je mène cette activité depuis près de trente ans. Et la plupart du temps nous nous servons de notre expérience pour sonder les profondeurs de la mer, afin d’y détecter le sable. Les travaux sont divisés en deux groupes en fonction du type de sable, soit le sable fin, ou encore le gros sable. Les efforts fournis ne sont pas les mêmes » indique Pierre Moukoury, président des sableurs de Bonamouang, qui fait dans ce métier depuis près de trente ans. Ainsi, « Nous partons de la rive pour la mer, en fonction du niveau de l’eau qui est d’ un mètre trente en moyenne, quand la marée est basse. A ce moment, les plongeurs vont en mer pour chercher le sable fin, ce sable est encore appelé le sable Wouri.

Aussi les plongeurs ont de l’eau jusqu’à la poitrine, et parfois l’eau cède la place au sable à certains endroits, il ne nous reste plus qu’à le ramasser. Et quand la marée est haute, le niveau d’eau varie de 2 mètres à 2, 50 mètres à certains endroits ou même plus encore. En période de marée  haute, c’est surtout le gros sable que les plongeurs vont chercher » poursuit le président des sableurs.

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